Quand le climat inspire

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L’atelier a proposé le 11 octobre 2013 (au centre culturel Bonnefoy à partir de 18h30) des lectures de nouvelles écrites spécialement dans le cadre du festival Novela. c’était super ! merci à tous les participants.

 ciel

Rencontre/lecture avec les écrivants de l’atelier d’écriture Yaksa Productions, Gaël Leroux et Mme Cersa  au Centre Culturel Bonnefoy. Nous vous donnerons à entendre les textes écrits en atelier et nous interrogerons le processus d’écriture inspiré par la  paléoclimatologie Comment écrire à partir d’une contrainte ? Comment intégrer des données scientifiques réelles à un texte de fiction ? Comment le réel sert-il la fiction ? Comment la fiction sert-elle le réel ?

Nous avons travaillé avec un Gaël Leroux,  paléoclimatologue, (http://www.youtube.com/watch?v=J9i5vYx–uo) autour de différents axes liés à son travail, nous avons réfléchit …écrit …intégré des données scientifiques, nous avons débouchés des bouteilles et nous sommes arrachés les cheveux mais nous sommes heureux de vous présenter ce travail.

Cette proposition est une passerelle, entre des écrivains amateurs et des chercheurs, entre la littérature et  des thèmes scientifiques mis en lumière par le festival.

L’atelier offre un espace et un temps permettant d’aborder l’écriture de manière différente et ludique à travers des thèmes et des auteurs qui réveillent l’imaginaire, en nous appuyant ici sur des faits scientifiques (rencontre avec un chercheur et documentation) nous vous donneront à entendre des textes courts  qui pourront être discutés en présence d’un scientifique lors d’une soirée-débat à l’Espace Culturel Bonnefoy.

 

Calendrier

–          Avril : début des ateliers, travail de recherche et hypothèse autour de la thématique choisie

–          Mai : rencontre avec un chercheur,  atelier d’écriture

–          Juin : atelier d’écriture et réécriture.

–          Septembre : choix des textes et préparation-répétitions pour les lectures et l’édition d’un recueil rassemblant les textes.

–          Octobre : lecture/ rencontre avec le chercheur et le public.

Lectures au Centre Culturel Bonnefoy pendant le festival.

 

témoignages des participants à l’écriture de nouvelles :

« J’ai vraiment beaucoup aimé travailler sur ce projet. Quand tu nous en a parlé j’étais un peu réticente à l’idée d’écrire un texte avec une thématique scientifique. N’ayant vraiment aucun attrait pour ce domaine. Ce qui m’a convaincu, c’était d’écrire chacun une nouvelle tout en travaillant ensemble. Je dois avouer que la première rencontre avec Gaël m’a un peu paniquée. Je me sentais perdue et l’impression d’avoir choisi mon thème par dépit. Puis je me suis souvenue que nous faisions toujours ça en atelier. Tu nous imposes des contraintes et nous devons les dépasser. Je me suis donc documentée. Effarée de toutes les informations que je pouvais trouver. Au départ, je voulais tout mettre tant il y avait de choses à dire. Et puis je me suis vite rendue compte que c’était impossible, étant donné que nous devions écrire une nouvelle et non un roman et que nous avions un mois pour le faire. J’ai donc revu mes envies à la baisse. Néanmoins une chose était importante à mes yeux, je voulais que l’humain ressorte de mon histoire, que lorsque les gens la liraient, ils pourraient s’identifier. Le projet était peut être plus contraignant que celui de l’année passée mais plus clair. Je me suis sentie plus impliquée. Le fait aussi de travailler en petit groupe m’a semblait plus facile. J’avais trouvé très difficile l’année dernière d’écrire à plusieurs, surtout quand tu ne connais pas les gens. Là, l’idée que chacun puisse écrire son histoire avec ce qu’il est et que les autres soient là pour le guider m’a semblé intéressant et rassurant.

J’espère que nous avons répondu à tes attentes, en tous cas je te remercie beaucoup car j’ai pris un réel plaisir à faire cette nouvelle.
Merci encore. »

Sonia.

 

bilan du projet  » Ecriture scientifique. »
« c’était la première fois que j’écrivais sur des données scientifiques, directement rapportées par un chercheur. C’était aussi la première fois que je devais « respecter » des données et non les détourner. L’expérience a été enrichissante de 2 façons :
1) la nécessité « d’amener » des données dans mon univers me paraissaient assez insurmontable au début. Et pourtant…
2) le fait d’avoir le chercheur en contact direct permet de prendre la mesure de son analyse, et du sens qu’il donne aux différents résultats. L’interprétation humaine rentre alors dans le panel de ce « qu’il faut prendre en compte ». Ici, par ex. pour les vikings, Gael est particulièrement attaché à la notion d’entêtement, alors que des publications modèrent cette notion… Derrière les données, il y a également « l’homme » qui nous les apporte. C’était intéressant de voir ça.

Ensuite, il ya eu la « façon de travailler » : au départ, je me voyais mal écrire sur des tourbières, des poussières… Ce côté très « terre » me laissait un peu de marbre. J’aurais préféré de la glace et de l’eau.
Marie a également parlé de « rechercher ce sur quoi j’avais envie d’écrire, tout le temps ». C’est ce que j’ai fait. Le Seuil, le changement sont mes thèmes fétiches. Seuil du passage à l’âge adulte, seuil du départ vers un autre monde… J’ai donc décidé d’essayer de voir comment ça allait pouvoir se mélanger aux données.
Et puis, heureusement Gael nous a apporté les vikings du Groenland sur un plateau. Ouf.
Avec les vikings, et les différentes hypothèses que l’on trouve sur internet concernant leur disparition, mon thème s’est « casé » très facilement – presque trop. En revanche, les données, elles, étaient très nombreuses. L’exemple des vikings étant « classique », j’ai failli me retrouver submergée par les publications, les thèses, les livres… C’était assez désagréable comme impression, car je ne voyais pas comment retranscrire la « vérité » de ce peuple en moins de 10 000 signes… Et puis, je me suis rappelé qu’il fallait écrire une nouvelle, pas un essai. J’ai donc levé l’inhibition qui commençait à s’installer pour laisser parler mes thèmes du seuil et du changement…

Ensuite, le travail en groupe m’a permis d’être « efficace » (j’espère) : j’ai tendance à faire 10 versions d’un texte avant qu’il ne soit définitif. Ici, entre le délai très court, et les relectures communes, pas le temps pour ça. Tant mieux d’ailleurs, car c’est une de mes difficultés! Les échanges à trois ont été très productifs car cela restait dans une sorte d’intimité thématique vraiment agréable. On partageait les mêmes interrogations, on travaillait sur une matière commune tout en laissant nos imaginations respectives s’approprier les thèmes…
Le choix de travailler en groupe restreint était pertinent pour avancer et aussi faciliter les échanges.

Je pense que le projet m’a apporté une envie de plus forte efficacité dans mon écriture  et aussi des clés, pour y arriver. Comme la grille de lecture faite par Marie.
Pour ce qui est de l’écriture scientifique, je suis contente d’avoir essayé, même si ça n’est toujours pas ma grande tasse de thé, je me rends compte de l’intérêt qu’elle représente. Qui sait, demain peut être, je me mettrais à écrire un peu de SF ? »

Elisabeth

 

 » cela a été un plaisir de travailler à nouveau avec un chercheur des sciences de la terre. Une fois la peur dépassée de leur jargon, les « gros mots » comme on aimait plaisanter avec Francis Duranthon, une grande jubilation s’installe dans le fait de chercher d’où l’on vient et qui nous sommes. Avec Gaël, la même magie à fonctionner, et même si j’avais tourné déjà sur les tourbières et le carottage des glaciers dans le massif du Mont Blanc pour étudier les températures d’avant notre ère, son initiation à la climatologie m’a bien scotché sans mauvais jeu de mot par rapport au whisky.

Sa pédagogie tout en sourire et la prise de notre attention aux choses bien précises m’a séduit, et quand il a dessiné en croquis vite et bien fait le courant du gulf stream, j’ai eu l’intuition de mon sujet, l’analogie entre le courant naissant dans le golfe du Mexique et la chaleur émanant du corps d’une femme. Les autres thèmes qu’il a développés autour de la constance de ce « jeu » des températures avec le mois de juin pourri au point de vue climat que nous étions en train de vivre a fait le reste.

Le plus dur ensuite essayer d’écrire une nouvelle qui ne soit pas un papier collé des informations que j’avais pu glaner ici et là.
La confrontation avec les autres écrits, pas un examen, mais quand même il fallait rendre la copie dans les temps, sans pour cela être bien sûr de mon choix. Voilà.

Philippe.

 

« L’écriture de cette nouvelle pour le festival Novela a été une expérience intéressante. Elle m’a permis de découvrir la paléoclimatologie, domaine dans lequel je n’avais aucune connaissance. D’avoir eu un cadre stricte imposé tel que celui là, a été pour moi finalement une grande source d’inspiration. J’avais quelques craintes au départ, de ne pas trouver d’histoire susceptible de coller avec la thématique, et au fil des contraintes mon sujet est arrivé de lui même. Le travail de groupe a été stimulant aussi. Quand on doit retravailler son texte à la lumière des autres, on a toujours peur de perdre l’essence de son travail, mais cela s’est révélé très porteur pour moi. Cela m’a permis de porter un regard critique sur mon travail d’écriture, et de m’améliorer. »

sarah